Quelle course !!!
Comme d'habitude sur la SBC, il y avait pléthore de monde au départ. J'ai de justesse (après plusieurs essais) réussi à intégrer le premier serveur (on s'y retrouvera à 10 francophones).
Départ classique pour un vol de plaine, peu piégeux sur le papier, mais démarrant tard dans la saison (septembre) et dans la journée (presque 15h00). Ce sera toute la difficulté de cette tache.
Départ donc! Les ascendances sont établies mais un peu hachées malgré le peu de vent rencontré.Je part dans les premiers aux commandes de mon discus 2 ballasté au maximum, prends une ascendance balisée par Raider One qui, perfectionniste comme à son habitude, a effectué un repérage sur le début de la première branche avant de revenir prendre le départ (il avait aussi étudié la topographie autour du terrain avant de partir ce qui sauvera la fin du vol).
Ca monte bien mais pas assez fort à mon gout. je lache à 1700m à 300m du plafond pour me diriger vers les premiers reliefs. Trop confiant je passe au travers d'un +2 pour me diriger vers un cumulus à flanc de relief qui devrait donner et avant de comprendre ce qui m'arrive, je me retrouve à 800 mètres d'altitude (300m AGL), à 10 Kms du track à rechercher une ascendance en guettant le sol qui se rapproche.
Trop de confiance et des pompes piégeuses sont le meilleur moyen de se retrouver par terre.
Après cette galére, je passe le premier point de virage au plafond mais en queue de peloton, 8 Kms derrière les derniers. Devant, j'entends les pilotes de tête qui se retrouvent face à la première difficulté. la traversée du lac de Neuchatel avec un grand ciel bleu quasiment sans nuage comme horizon.
Pour ma part je ferai le plafond à 2400m juste avant le lac dans une pompe recommandée par DED

, ce qui me mettra en local du TP2 que les premiers sont en train de tourner. J'ai 40 minutes de retard sur eux!
Sur cette deuxième branche je dépasse JM62 et DED pour arriver au TP3 ou je retrouve RO 800 mètres au dessus de moi (il était parti 10 minutes après moi). Ses commentaires sur le début de la dernière branche vont me permettre de négocier au mieux mon départ en économisant mon altitude.
Il se fait tard et les conditions se dégradent sérieusement. Avec un léger vent de face, il reste plus de 60 Kms et devant Il ne reste que 2 nuages pas du tout sur le track, dont 1 en train de se désagréger. Pas le choix, il faut miser sur le deuxième.
Mais le dieu des vélivoles existe. J'atteint l'ascendance juste après RO que je vois monter comme une flèche. Pour ma part je n'intègre qu'un +2 mais exceptionnellement pas trop haché. L'explication me vient rapidement : RO a laché toute son eau pour passer les derniers reliefs alors que, fort de ses conseils, j'ai conservé la mienne.
Arrivé au plafond, il reste 50 Kms et RO est 4 Kms devant en final glide avec 100m de rab et un MC calé à 0. Je parts avec un MC à 0.5 et la même marge pour le ratraper au bout de 20 Kms. La démonstration de l'intérêt de ballaster.
Une courte conversation et RO me fait part de quelques craintes.Il y a un relief avant le terrain mais son altitude est incertaine. Sans doute 200 m peut-être plus. Pas un gros relief mais on n'a que peu de marge et aucun espoir d'ascendance. Je réduits mon MC à 0.3 pour grapiller quelques mètres et finalement arriver au dessus des reliefs avec 180m de rab.
En fait de relief, il s'agit plutôt d'un plateau qui s'abaisse lentement vers le terrain entre le Km 12 et le Km 5 avant d'effectuer une rupture franche au Km 5. C'est là que l'on retrouve une bonne partie des concurrents au sol, partis bas sans marge et obligés de se poser à moins de 20 Kms de l'arrivée. Le passage est malgré tout tangent et les arbres se rapprocheront jusqu'à 20m sous les ailes (avec une légère marge de vitesse quand même).
L'arrivée est triomphale, le relachement et la fatigue me coutant une aile laissée contre un hangar à l'atterrissage. Raider One arrive 5 mns derrière épuisé également. Sa moyenne est toutefois meilleure que la mienne.
En fin de compte, après dépouillement des résultats, je me retrouve dernier des arrivés mais arrivé quand même comme seulement 25% des compétiteurs et ça, c'est une réelle satisfaction.
Ce que je retiens de ce vol, c'est que la préparation est aussi importante que le vol, que la confiance c'est bien mais qu'il n'en faut pas trop et que tant que la roue n'a pas touché, il y a de l'espoir.
Merci à tous les compétiteurs, francophones et autres pour ce vol exceptionnel, plein de tension et de stress.